Victime d'inceste dans son enfance, Laurent Boyet, président de l'association Les Papillons et membre de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a fait de la lutte contre les maltraitances infantiles son combat. En mars dernier, il a publié son second ouvrage "Non-assistance à enfants en danger". Interview.  

Pourquoi avoir donné comme titre à votre ouvrage « Non-assistance à enfants en danger » ?

Ce titre porte ma volonté de dire que c’est l'ensemble de la société qui laisse l’enfance courir tous les risques de maltraitances. Oui, il faut parler de l’inaction politique mais également de l’aveuglement, de l’inaction de notre société. Au-delà des violences sexuelles, il existe aujourd'hui une absence de place de l’enfance dans la société. Les enfants sont considérés comme étant une quantité négligeable à laquelle on ne s’intéresse pas. La parole de victimes n’est pas suffisamment prise en compte qui plus est quand il s'agit d'enfants.  Lorsqu'une victime libère sa parole, la suspicion se porte d’abord sur elle avant d’être sur l’agresseur potentiel.
Est-ce que la France veut être le pays qui accepte que 165 000 enfants soient victimes, tous les ans, de violences sexuelles ? Visiblement, aujourd’hui, nous sommes ce pays. On règle des problèmes d’enfants entre adultes et on n’essaie pas de se mettre à la place des enfants. Par exemple, sur les 19 actions préconisées par le groupe de travail interministériel pour la prévention et la lutte contre les violences sexuelles intrafamiliales, seules deux sont directement destinées aux enfants. Il s’agit des deux vade-mecum, le premier sur l’éducation à la sexualité  et le second dédié aux violences sexuelles intrafamiliales. Aujourd'hui, tous, à tous les niveaux, nous devons faire un examen de conscience. La protection de l’enfance doit être au cœur de toutes nos préoccupations.

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