Chaque année, plusieurs milliers de jeunes se présentent aux services d’évaluation parisiens pour demander une protection en tant que mineurs non accompagnés. Une partie seulement est reconnue comme telle et confiée à l’ASE, tandis que les autres restent dans une zone grise, sans statut clair. Cette situation soulève des enjeux importants en matière de santé, de scolarisation et d’insertion sociale.

À Paris, la question des mineurs non accompagnés (MNA) demeure l’un des angles morts de la protection de l’enfance. En 2024, les avocats de l’Antenne des mineurs ont déposé 2 417 recours auprès du Tribunal pour enfants de Paris, sur un total de 2 825 requêtes enregistrées. Le délai moyen entre le dépôt d’un recours et l’audience reste long, oscillant entre cinq et douze mois. Pendant cette période d’attente, plus de 500 mineurs non accompagnés, dont une cinquantaine de filles, survivent dans les rues de la capitale, sans solution d’hébergement. Beaucoup demeurent ainsi coincés dans une zone grise : ni considérés comme majeurs, ni reconnus comme mineurs, donc privés de toute protection institutionnelle. En décembre dernier, près de 400 mineurs non accompagnés (MNA) ont trouvé refuge à la Gaîté Lyrique, un théâtre parisien, avec l’accord de l’établissement. Ils demandaient une mise à l’abri le temps de l’instruction de leur dossier devant le juge des enfants. Mi-mars, un arrêté préfectoral a ordonné leur évacuation. Les forces de l’ordre sont intervenues et les jeunes se sont retrouvés, une fois encore, à la rue.

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