Bilans absents, soins discontinus, troubles ignorés. La santé des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance reste largement fragilisée. Avec l’ouverture du centre de soins Asterya, Céline Greco défend une prise en charge précoce et coordonnée pour limiter des conséquences durables.

Céline Greco est professeure de médecine, cheffe du service de médecine de la douleur et de soins palliatifs pédiatriques à l’hôpital Necker-Enfants malades et chercheuse à l’Institut Imagine. Ancienne enfant victime de violences et placée à l’aide sociale à l’enfance, elle fonde en 2022 l’association Im’Pactes, qu’elle préside, pour promouvoir une prise en charge globale des enfants victimes de violences. Elle est également à l’origine et dirige le centre d’appui à l’enfance Asterya, premier centre de santé pluridisciplinaire dédié aux enfants confiés à la protection de l’enfance.

Vous avez inauguré, le 10 décembre à Paris, Asterya, premier centre de santé pluridisciplinaire dédié aux enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance (ASE). Ce dispositif propose une « réponse graduée, coordonnée, continue ». 

Céline Greco. Oui, graduée, coordonnée, continue, et j’ajouterais précoce. Le constat est ancien et largement documenté. L’absence de prise en charge suffisamment en amont expose les enfants à un risque majeur, avec une perte pouvant atteindre 20 ans d’espérance de vie. Les travaux issus du programme Pégase le confirment. Lorsqu’elle est précoce et intensive, la prise en charge permet à de nombreux enfants de rattraper leur trajectoire développementale. Dans le cadre de l'expérimentation du programme Pégase, près de 80 % des enfants retrouvent des courbes de développement comparables à celles des enfants de la population générale. Or cette dimension fait aujourd’hui défaut dans les prises en charge relevant de l’ASE, où l’intervention arrive trop tard. Le centre Asterya a été dimensionné pour pouvoir répondre à une offre de soins complète. L’objectif était de réunir, dans un même lieu, un pédiatre, un pédopsychiatre, un psychologue, un psychomotricien, un orthophoniste, une infirmière et une diététicienne. Le dispositif continue d’évoluer, avec l’intégration progressive de nouvelles spécialités, notamment en dentaire et en ophtalmologie.

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