Si la délinquance des mineurs ne progresse pas mécaniquement en volume, le débat sénatorial du 6 janvier révèle une transformation profonde des situations traitées. Rajeunissement des auteurs, gravité accrue des faits, prévention fragilisée et protection judiciaire de la jeunesse en difficulté interrogent la capacité de l’État à tenir une réponse cohérente.
Dans l’hémicycle, la fermeture annoncée des centres éducatifs fermés (CEF) publics à l’été 2026, les difficultés persistantes de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et l’allongement des délais de prise en charge éducative ont structuré les échanges. Un constat s’impose, largement partagé : la dynamique de la délinquance des mineurs se transforme en profondeur.
Des chiffres en recul, des situations plus lourdes
« Le nombre d’infractions commises par des mineurs marque un reflux », observe, en ouverture du débat, Muriel Jourda. Mais la sénatrice (LR, Morbihan) nuance aussitôt ce constat. Derrière la baisse globale, les situations traitées ont changé de nature. Les auteurs sont plus jeunes, « 10 % des mineurs punissables ont moins de 13 ans », les faits sont plus violents, les atteintes aux personnes plus fréquentes. Les violences sexuelles occupent également une place croissante. « Alors qu’ils représentent 21 % de la population, les mineurs sont responsables d’un tiers de ces agressions », souligne-t-elle. Christophe Chaillou (Socialistes, Sarthe) s’inscrit dans ce diagnostic, tout en appelant à la prudence dans son interprétation. S’il reconnaît que « la violence du quotidien pourrit la vie de nombreux territoires », il rappelle que « la délinquance des mineurs n’explose pas ». L'élu de gauche met en garde contre des réponses dictées par l’émotion et les faits divers, qui conduisent à « empiler les textes » sans s’attaquer aux fragilités structurelles de la justice des mineurs.
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