Qui décide vraiment des priorités de la prévention spécialisée ? Mohamed Zeghdoudi, président du CNLAPS, et Abdelali Fahime, directeur général du CMSEA, dénoncent un secteur pris entre restrictions budgétaires, injonctions contradictoires et absence de pilotage.
Plein mois d'août. Un maire excédé convoque en urgence le directeur d'une association de prévention spécialisée. Au pied d'un immeuble, des jeunes ont installé une piscine gonflable. Dans la cave, le trafic prospère. L'élu menace : je déconventionne. Et l'éducatrice, elle fait quoi ? Chasser les dealers ? Ce n'est pas son rôle. Travailler avec les jeunes, les familles, les habitants, réinvestir l'espace public ? C'est précisément son métier. Encore faut-il qu'on le lui demande. La scène, racontée par Abdelali Fahime, directeur général du CMSEA en Moselle et délégué territorial de la CNAPE, lors de la restitution de la cartographie nationale de la prévention spécialisée à la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), dit tout du malaise du secteur : tout le monde attend quelque chose de la prévention spécialisée, personne ne fixe le cap.
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