Les éducateurs de prévention spécialisée ont une connaissance approfondie des quartiers où ils interviennent. Le géographe Alexandre Moine explique comment la cartographie peut structurer ces observations pour mieux comprendre les dynamiques locales et les pratiques des jeunes.
Un banc au pied d’un immeuble. Un city stade animé en fin d’après-midi. Un hall où quelques adolescents discutent. Pour les éducateurs de prévention spécialisée, ces lieux ordinaires sont des points d’observation. Leur bureau, c’est la rue.
Dans les quartiers populaires, certaines connaissances ne naissent ni des statistiques ni des cabinets d’études. Elles se construisent au contact direct des habitants et des jeunes. Présents chaque jour dans l’espace public, les éducateurs développent une lecture précise du territoire. « Les travailleurs sociaux connaissent leur territoire au mètre près. Cette expertise ne concerne pas seulement les éducateurs. Elle implique aussi les chefs de service et les directeurs de structure », explique Alexandre Moine, professeur à l’université Bourgogne-Franche-Comté et chercheur au CNRS, lors d’un webinaire organisé par la CNAPE le 10 mars.
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