À Paris, le dispositif Sawiyan de l'association Charonne Oppelia tente de répondre à une réalité encore largement sous-estimée : les conduites addictives de mineurs non accompagnés. Aller vers les jeunes, intervenir dans leurs lieux de vie et adapter les pratiques pour maintenir le lien.
Ils ne viennent pas forcément pour ça. Pas pour parler d’addiction, pas pour demander de l’aide. « Il est difficile que ces jeunes trouvent leur place quelque part », observe Catherine Péquart, psychiatre addictologue à l’association Charonne Oppelia. Très vite, le premier contact se complique. « La porte d’entrée c’est toujours un souci », souligne-t-elle, qu’il s’agisse de leur minorité ou de leur demande de médicaments. L’accès au soin se construit lentement.
Aller là où ils sont
À Paris, le dispositif Sawiyan s’organise autour d’une consultation jeunes consommateurs (CJC) rattachée à un centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA). Ici, les pratiques se déplacent. L’équipe va vers les jeunes, s’installe dans leurs lieux de vie, s’adapte à leurs rythmes. « Être comme un fil rouge auprès des jeunes », résume Sana Essid, psychologue clinicienne à l’association Charonne Oppelia. Sawiyan signifie « ensemble » en arabe classique. Le dispositif est né de la pratique croisée de la consultation jeunes consommateurs et de l’équipe mobile Bociek, spécialisée dans la médiation linguistique, culturelle et psychosociale auprès des migrants.
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