Le 7 janvier, le Sénat a examiné une proposition de loi visant à intégrer les accompagnants des élèves en situation de handicap dans la fonction publique de l’État, en catégorie B. Si l’ensemble des groupes reconnaît une école inclusive en grande difficulté et la précarité persistante des AESH, la majorité sénatoriale et le Gouvernement ont refusé la fonctionnarisation, jugeant la réforme trop coûteuse et trop contraignante.
Dès l’ouverture de la séance, Marie-Pierre Monier, sénatrice SER de la Drôme, rapporteure et auteure de la proposition de loi, plante le décor. Vingt ans après la loi du 11 février 2005, l’école inclusive a changé d’échelle. « Le nombre d’élèves en situation de handicap a triplé », rappelle-t-elle, évoquant près de 500 000 élèves scolarisés à la rentrée 2025. « Nous nous félicitons des progrès des vingt dernières années, mais l’école inclusive est au bord de la rupture », déplore la parlementaire.

« L’école inclusive est au bord de l’implosion. Il y a urgence »
Au cœur du dispositif, les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), piliers de l’inclusion au quotidien. Ils restent pourtant en nombre insuffisant. À la rentrée, près de 49 000 élèves demeurent sans accompagnement humain. Un métier devenu central, mais fragilisé. « Quelque 64 % des élèves en situation de handicap font l'objet d'une notification d'accompagnement humain. Les 148 000 AESH constituent le deuxième métier de l'Éducation nationale ». « Leur salaire moyen s’élève à 850 euros mensuels, pour 24 heures hebdomadaires ». Temps de travail incomplet subi, mutualisation généralisée, usure rapide, avec à la clé « un tiers de démissions entre 2020 et 2022 ».
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