En France, des parents tuent leurs enfants avant de se suicider. Un phénomène rare mais régulier, longtemps relégué aux faits divers. La première étude criminologique française en éclaire les mécanismes et met en évidence l’absence de réponse publique.
Novembre 2024. Taninges, Haute-Savoie. Trois enfants sont retrouvés morts à leur domicile. Leur mère, Déborah, 45 ans, institutrice, est activement recherchée. Son corps sera découvert le lendemain dans sa voiture, à la frontière suisse. Elle s'est suicidée. Ce fait divers a saturé les réseaux et les unes pendant 48 heures, avant de disparaître comme les autres, rangé dans la rubrique faits divers, classé dans l'indicible, puis oublié.
En France, un enfant est tué par l’un de ses parents tous les cinq jours, soit 363 enfants en cinq ans entre 2012 et 2016, près de 10 % des homicides annuels. Ce chiffre, issu d’une mission interministérielle, n’a débouché sur aucun registre, aucun indicateur de suivi, ni véritable politique publique. Pendant des années, ces morts n’ont pas été réellement prises en compte.
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