De la maternité à l'entrée dans la vie active, les inégalités frappent les enfants ultramarins à chaque étape de leur parcours. Un rapport sénatorial décrit « l'insupportable déterminisme social » qui enferme des générations entières et appelle à refonder les politiques publiques.
À Mamoudzou (Mayotte), des adolescentes accouchent avant leur majorité. En Guyane, plus de six enfants sur dix vivent sous le seuil de pauvreté. À La Réunion, une aide sociale à l'enfance (ASE) sous-financée peine à faire face à des violences intrafamiliales plus fréquentes qu'ailleurs. Quatre-vingts ans après la départementalisation et près de dix ans après la loi pour l'égalité réelle outre-mer, des enfants français continuent d'aller à l'école le ventre vide, faute de cantines en nombre suffisant. D'autres quittent le système scolaire sans maîtriser la lecture, tandis que des milliers de jeunes peinent à accéder aux études, à l'emploi ou aux soins. Le rattrapage promis aux territoires ultramarins ralentit, alors que les crises sociales, sanitaires, climatiques, économiques, migratoires et sécuritaires s'accélèrent.
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