Claire Hédon, la Défenseure des droits demande, à nouveau, au gouvernement le rapatriement "dans les plus brefs délais, de tous les enfants français retenus dans les camps au nord-est de la Syrie".

Dans un communiqué publié le 29 avril, Claire Hédon rappelle « que chaque jour passé dans ces camps met en danger la vie de ces enfants exposés à des traitements inhumains et dégradants qui engagent la responsabilité de l'Etat français ». « Seule l’organisation du retour de l’ensemble des enfants avec leurs mères sur le sol français (…) est à même d’assurer leur protection », insiste-t-elle. La Défenseure des droits est saisie depuis 2017 de réclamations de leurs familles.

Les enfants français retenus dans des camps sont exposés à des « traitements cruels, inhumains ou dégradants », alerte-t-elle. Et de rappeler qu’une décision de l’Organisation des Nations-Unies (ONU), datant du 23 février 2022, constatait déjà la violation par la France du droit à la vie des enfants retenus dans ces camps.

En 2019 puis en 2021, le Défenseur des droits avait déjà formulées des recommandations  « pour que soit mis un terme à cette situation d’autant plus grave et préoccupante qu’elle porte atteinte aux droits les plus élémentaires d’enfants particulièrement vulnérables ».

« Cesser l’examen au compte-goutte des situations » pour que ces enfants cessent de « courir un risque pour leur vie »

Claire Hédon pointe du doigt la position de la France, « isolée » alors que de nombreux pays européens comme la Belgique, la Finlande, le Danemark, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Suède ont déjà procédé au rapatriement de la plupart de leurs ressortissants mineurs présents en Syrie. Quand les enfants n’étaient pas isolés ou orphelins, les mères ont été rapatriées également. « Seule l’organisation du retour de l’ensemble des enfants avec leurs mères sur le sol français et leur prise en charge par les services compétences, est à même d’assurer leur protection et de mettre un terme à la violation actuelle de leurs droits fondamentaux »,  considère la Défenseure des droits.

Ces rapatriements d’enfants seraient « réalisables » dans la mesure où ils ont déjà été opérés par la France dans le passé. Il s’agit donc pour la France de « cesser l’examen au compte-goutte des situations » pour que ces enfants cessent de « courir un risque pour leur vie ».

Le Collectif des familles unies - association regroupant des parents d'une grande partie des quelque 80 femmes de jihadistes et 200 enfants français retenus dans des camps dans le Nord-Est syrien - a appelé (à nouveau) le président de la République, nouvellement réélu le 24 avril, à rapatrier sur le sol nationale les enfants de djihadistes français encore détenus sur le sol syrien. (lire notre article)

Interpellé par un auditeur de France Info, le 15 avril, sur la situation des orphelins de djihadistes français bloqués en Syrie, le président de la République -  candidat à sa réélection à cette période - a promis : « La France agira ». Emmanuel Macron a ajouté : « La France a d'ores et déjà rapatrié beaucoup d'enfants et de mineurs qui n'avaient plus de parents depuis maintenant trois ans, et nous avons ensuite fait beaucoup d'opérations pour certains de nos partenaires européens », a défendu le président de la République ».