Dans la perspective des Ă©lections prĂ©sidentielles 2022, l'Ufnafaam et l'Anramam, deux organisations reprĂ©sentatives des assistances maternelles, signent un manifeste Ă  l’attention des candidats Ă  la mandature suprĂȘme.

L’Union fĂ©dĂ©rative nationale de familles d’accueil et assistants maternels (Ufnafaam) et l’Association nationale de regroupements d’associations de maisons d’assistants maternels (Anramam) signent un manifeste Ă  l’attention des candidats Ă  l'Ă©lection prĂ©sidentielle 2022. Les deux organisations formulent dans leur manifeste, 9 propositions pour la durĂ©e du prochain quinquennat 2022-2027.

Les deux organisations rĂ©clament une « politique familiale ambitieuse» et formulent 9 propositions prioritaires « pour enrayer le manque de places d’accueil du jeune enfant et trouver des solutions au dĂ©part en retraite de 48% des effectifs actuels des assistantes maternelles d’ici 2030 ». Sur ces deux points, l’Ufnafaam et l’Anramam dressent un constat d'Ă©chec des politiques publiques. Ainsi, alors que les assistantes maternelles sont le premier mode d’accueil formel, la baisse des effectifs de professionnels constatĂ©e depuis 2014 reste encore et toujours d'actualitĂ©.« Cette situation reste inquiĂ©tante, d’autant plus que la derniĂšre convention d’objectif et de gestion (COG) confirme que le dĂ©veloppement de l’accueil collectif ne permet pas d’augmenter le nombre de places totales d’accueil si Ă  l’inverse, le nombre d’assistantes maternelles baisse. Nous sommes donc face Ă  un constat d’échec que le gouvernement en charge du prochain quinquennat devra relever ».

Favoriser la crĂ©ation des Maisons d’Assistants Maternels

Les assistantes maternelles demandent notamment «une rĂ©forme ambitieuse» du du barĂšme actuel du CMG (ComplĂ©ment mode de garde)  pour rĂ©duire l’effort financier des familles qui recourent Ă  ce mode d’accueil et notamment celles qui disposent de revenus modestes.
Au rang des demandes du manifeste, celle de soutenir financiĂšrement la crĂ©ation des Maisons d’Assistants Maternels (MAM). Créées Ă  partir de 2010, ces structures sont aujourd'hui au nombre de  4 100 structures, ce qui reprĂ©sente environ 49 200 places. «Ce qui reste encore trop peu au regard des 787 80023 places offertes par les assistantes maternelles», soulignent les associations.  L’Ufnafaam et l’Anramam souhaitent Ă©galement une taxe d’habitation allĂ©gĂ©e ou soustraite pour les assistantes maternelles exerçant en MAM.

Au niveau de la reprĂ©sentation politique, les deux organisations demandent que le conseil d’administration de la CNAF qui dĂ©finit l’orientation de la politique au regard de la branche famille comportent des reprĂ©sentants des assistantes maternelles. Elles souhaitent aussi la crĂ©ation d’une instance de rĂ©flexion pour dĂ©cider des actions financiĂšres autour du vote du PLFSS pour l’accueil individuel.

Freiner la destruction du nombre de places d’accueil chez les assistantes maternelles

Le nombre d’assistantes maternelles est en baisse dans tous les dĂ©partements : 1 151 800 assistants maternels soit 48% des effectifs actuels partiront Ă  la retraite d’ici 2030. Pour renforcer l'attractivitĂ© de cette profession, l’Ufnafaam et l’Anramam rĂ©clament «des moyens humains et financiers» dans les dĂ©partements, «une formation obligatoire plus soutenante», «une aide financiĂšre personnalisĂ©e et un agrĂ©ment plus sĂ©cure».

Améliorer les relations entre les services de PMI et les assmats


L’Ufnafaam et l’Anramam souhaitent une amĂ©lioration des relations entre les les assistantes maternelles et les services de de protection maternelle et infantile (PMI) qui dans certains cas, sont passĂ©s de l'accompagnement au profit du contrĂŽle seul. Les associations pointent du doigt les exigences de sĂ©curitĂ© au niveau national «parfois ubuesques» qui ont pour effets dĂ©lĂ©tĂšres de freiner la volontĂ© des candidates Ă  devenir assistante maternelle ou d'engendrer le dĂ©part des professionnelles du secteur. Partant de ces constats, les deux organisations demandent « la mise en place au niveau national d'une structure de mĂ©diation, pouvant ĂȘtre saisi immĂ©diatement par les assistantes maternelles par voie dĂ©matĂ©rialisĂ©e. Cette structure devra comporter un nombre de reprĂ©sentants Ă©quivalent pour les assistants maternels et les reprĂ©sentants de l'Etat.»

Créer un service public avec les assistantes maternelles

En décembre dernier, le gouvernement a saisi le Conseil économique, social et environnemental (Cese) pour identifier les mesures nécessaires à la création d'un service public de la petite enfance. L'instance doit rendre son rapport courant mars.
Selon le manifeste de l'Ufnafaam et l’Anramam, « pour que les assistants maternels soient inclus dans le service public de la petite enfance, il convient de rĂ©flĂ©chir Ă  la mission de service public que remplissent ces professionnels et aux garanties indispensables qui doivent ĂȘtre créées pour ce travail au sens de l'OIT. En effet, sans garantie salariale, il sera impossible aux salariĂ©s de se sentir investit d'une " mission de service public" ». La question des moyens doit ĂȘtre interrogĂ©e", avancent les deux organisations.  Et de lister 6 mesures Ă  mettre en Ɠuvre dans le cadre de ce service public de la petite enfance :
-    Une harmonisation des coĂ»ts avec des modalitĂ©s de financements identiques pour les diffĂ©rents modes d’accueil
-    Un accompagnement identique (accompagnant santĂ©, accompagnement au portage de projet, mise en place partout en France d’une analyse de la pratique pour les assistantes maternelles)
-    Des passerelles identiques vers des diplÎmes connus
-    Des formations continues faites dans le temps de travail exclusivement
-    Des facilitĂ©s financiĂšres aux modes d’accueil (versement d’une prime d’installation Ă  chaque renouvellement de l’agrĂ©ment, fiscalitĂ© du logement...)
-    Un agrĂ©ment sĂ©curisĂ© avec l’arrĂȘt d’un renouvellement de l’agrĂ©ment et la continuitĂ© d’un contrĂŽle.

« La politique familiale ne peut résolument développer le nombre de places sans soutenir son premier mode d’accueil », conclut le manifeste.