Des soins aux frais de justice, les victimes de violences sexistes et sexuelles supportent une part du coût des agressions. Un rapport parlementaire formule 100 recommandations, dont un parcours de soins financé par l'État pour les enfants comme pour les adultes.

Les victimes de violences sexuelles paient souvent elles-mêmes leurs consultations, parfois pendant des années. Élise Leboucher, députée La France insoumise de la Sarthe, en a mesuré le poids en 2025, aux premiers états généraux de la santé mentale des femmes organisés par l'association Loba. « J'en suis ressortie avec une conviction claire. Les violences sexistes et sexuelles ont un coût monumental pour les victimes, encore trop peu pris en compte », raconte-t-elle.

L'élue a proposé une mission d'information, à laquelle Sandrine Josso, députée Les Démocrates de Loire-Atlantique, s'est associée. Après six mois de travaux et plus de 125 personnes entendues, leur rapport décrit, dès le préambule, la « face immergée de l'iceberg » : les conséquences financières des violences pour les victimes. La France ne dispose pas d'une étude d'ensemble comparable à celle menée en Espagne pour en mesurer le coût pour la société et les personnes concernées. Mardi 29 septembre, la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale a adopté leur rapport et ses 100 recommandations, avec une seule abstention.

Pour les adultes victimes de violences sexuelles dans l'enfance, le programme Nook évalue à environ 21 000 euros sur huit ans le reste à charge des soins, selon un sondage en ligne cité pendant la séance. Les procédures judiciaires peuvent, elles aussi, absorber les économies. «J'ai vidé mon PEL », a confié une femme aux deux députées.

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