Deux dispositifs – Sawiyan à Paris et Ligne 37 à Lyon – accompagnent des mineurs non accompagnés (MNA) consommateurs de médicaments détournés. Entre consultation spécialisée et travail de rue, ils adaptent leurs pratiques à des parcours marqués par l’errance, les ruptures et des usages déjà installés. Leur point commun : construire le lien avant toute logique de soin.
Jeunes exilés, souvent mineurs non accompagnés, du Maroc, d’Algérie, parfois de Tunisie, ils arrivent avec des parcours déjà entamés et des consommations de médicaments détournés — prégabaline, Rivotril, tramadol — sans demande de soin. À Paris avec Sawan, à Lyon avec Ligne 37, le premier contact se joue dans un échange fragile, parfois éphémère. C’est là que tout commence ou se perd. Lors d’un webinaire de la Fédération Addiction le 9 avril, les professionnels témoignent : pour créer le lien, il faut d’abord comprendre les usages. Face à ces jeunes, les dispositifs classiques accrochent peu. D’autres équipes choisissent de s’ajuster, en bousculant les repères habituels de l’accompagnement.

