Le 19 mars, lors d’une conférence organisée à la Cour de cassation, magistrats, chercheurs et professionnels de terrain ont confronté leurs analyses sur les violences intrafamiliales impliquant des enfants. Tous décrivent une augmentation continue des situations et une justice qui adapte ses réponses sans parvenir à suivre pleinement.
Dès l’ouverture de la conférence, il est rappelé que l’enfant est victime directe ou indirecte des violences intrafamiliales. Selon le rapport 2025 de l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE), 57 000 enfants ont été identifiés comme victimes en 2024, soit trois fois plus qu’en 2016. Entre 400 000 et 4 millions d’enfants seraient concernés chaque année si l’on inclut les situations non déclarées. Même lorsqu’ils ne subissent pas de violences physiques directes, ces enfants restent exposés à un danger réel, qui peut affecter durablement leur sécurité, leur santé et leur développement.
Des violences inscrites dans la durée
La difficulté à appréhender ces situations tient d’abord à leur nature même. « Ces violences prennent des formes multiples, cumulatives et imbriquées — maltraitance psychologique, physique, négligence — et cette complexité rend leur lecture difficile pour la justice », observe Paul Marion-Gaber, chargé de mission Justice à l’ONPE. Les données les plus graves traduisent cette intensité. En 2024, 12 enfants ont assisté à l’homicide d’un parent par l’autre et 94 ont perdu un ou deux parents dans des homicides conjugaux. En 2022, 60 enfants sont morts à la suite de violences intrafamiliales, « principalement de très jeunes enfants victimes du syndrome du bébé secoué ».
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