Les données nationales montrent que les violences sexistes et sexuelles touchent les élèves dès l’école élémentaire, s’intensifient à l’adolescence et pèsent sur la scolarité.

Le ministère de l'Éducation nationale et le ministère de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations ont publié, pour la première fois le 29 janvier, des données nationales sur les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire. Ces chiffres sont issus d’un travail conjoint entre l’Observatoire national des violences faites aux femmes et la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance, service statistique du ministère.

Une violence présente à tous les âges

Premier constat : les violences apparaissent dès l’école élémentaire. En CM1-CM2, filles et garçons sont exposés dans des proportions comparables. Ainsi, 15 % des élèves déclarent avoir été victimes de voyeurisme dans les toilettes au moins une fois au cours de l’année scolaire. Et 8 % indiquent avoir été embrassés de force.

Au collège, 15 % des filles et 12 % des garçons déclarent avoir été exposés à au moins une forme de violence sexuelle, dans l’ensemble des établissements, publics comme privés sous contrat. Au lycée, les filles sont largement surreprésentées parmi les victimes. Le sentiment d’insécurité est plus marqué, notamment aux abords des établissements et dans les transports. 1 lycéenne sur 10 déclare s’être déjà absentée de son établissement par peur au moins une fois au cours de l’année scolaire.

Réseaux sociaux, un facteur d’amplification

Les réseaux sociaux constituent un facteur d’amplification majeur de ces violences. Plus de 130 000 adolescents ont été exposés contre leur gré à des contenus sexuels en ligne. Dans le même temps, 30,6 % des collégiennes et 26,2 % des collégiens déclarent avoir été victimes de cyberviolences, prolongeant et déplaçant hors de l’école des violences qui prennent racine dès les premières années de scolarité.

C’est dans ce contexte que les députés Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (Renaissance), co-rapporteurs de la commission parlementaire lancée après le scandale de Bétharram, ont déposé le 28 janvier une proposition de loi à l’Assemblée nationale visant à « prévenir et lutter contre les violences en milieu scolaire ».


Lire aussi

Violences sexuelles à l’école : l’Éducation nationale promet un défenseur des droits des enfants
Après les affaires de violences sexuelles à Bétharram et dans le périscolaire parisien, l’Éducation nationale durcit sa réponse. Au Monde le 28 janvier, le ministre Édouard Geffray annonce des contrôles renforcés et de nouveaux outils de signalement.