Pour Diodio Metro, éducatrice spécialisée et présidente de Repairs95, la création d’une commission nationale sur les préjudices subis par les enfants de l’ASE constitue une avancée. Sans protection réelle ni engagement de l’État face aux violences, la démarche restera insuffisante.

Diodio Metro, ancienne enfant placée, est présidente de l’ADEPAPE95-Repairs!95. Elle est membre du Conseil national de la protection de l’enfance (CNPE). Sur le plan professionnel, elle est cheffe de service chez France Terre d’Asile.

La députée LFI Marianne Maximi a déposé une proposition de loi pour créer une commission nationale de réparation des préjudices subis par les enfants placés. Comment réagissez-vous à cette initiative ?

Diodio Metro. C’est une avancée qu’il faut saluer. Ce texte reconnaît enfin un principe essentiel : le droit à la réparation pour les enfants victimes dans le cadre de la protection de l’enfance. Une question reste entière : quelle sera la réalité de cette réparation ? Un fonds ne suffit pas. Il faut garantir son accessibilité. Il faut en assurer le financement dans la durée. Ensuite, surtout éviter qu’il repose sur des collectivités déjà en difficulté. Ce n’est pas aux départements de porter cela, leur situation financière est déjà très contrainte. Au-delà de l’indemnisation, les enfants confiés à l’ASE devenus adultes attendent des mots. Demander pardon. Parfois, ces mots suffisent à apaiser une souffrance. Dans certains pays, un discours de reconnaissance permet de sortir d’un sentiment d’injustice. La réparation ne doit pas être un affichage politique. L’enjeu n’est pas uniquement financier. Il relève de la reconnaissance et de la dignité.

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