Plus de quatre ans après la loi Taquet du 7 février 2022, la protection des jeunes majeurs sortant de l’aide sociale à l’enfance reste suspendue à leur capacité à faire leurs preuves, selon des chercheurs et le Défenseur des droits.
« Je ne veux pas coûter de l’argent à la société. » Kelly l’a écrite au bas de sa lettre de résiliation, après l’entretien de renouvellement de son contrat jeune majeur. Son éducatrice rapporte les mots de la responsable de l’unité territoriale de l’aide sociale à l’enfance (ASE) ce jour-là : « On lui dit qu’elle coûte de l’argent à la société et qu’il faut qu’elle pense à sa sortie du dispositif. » En terminale de bac pro, enceinte, la jeune femme obtient pourtant 5 mois de prolongation. Elle n’ira pas au bout. À 18 ans et demi, elle quitte l’ASE, sans logement pérenne ni soutien institutionnel.
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