Expérimenté depuis 2023 dans deux centres éducatifs fermés de la Sauvegarde de la Marne, « Pluri’elles » accompagne des mineures confrontées à l’exploitation sexuelle et à des faits de proxénétisme. Repérage, protection, outils éducatifs : une réponse construite face à des trajectoires sous emprise.
Le point de départ s’impose aux équipes. « 80 % des jeunes filles que nous accueillons dans nos centres éducatifs fermés sont victimes de près ou de loin de prostitution », explique Aline Ratier, directrice adjointe du CEF de Sainte‑Menehould (Marne). Sur le terrain, les signaux s’accumulent et dessinent une même réalité. « Une fascination marquée pour les figures de la téléréalité » alimente des logiques d’imitation. Les repères évoluent, parfois se brouillent : « une dévalorisation de l’acte sexuel et une dissociation de la sexualité chez les mineurs ». Dans les discours, une autre tendance s’installe, « la valorisation croissante de l’escorting ». Le numérique agit comme un amplificateur, avec « un usage problématique d’applications comme Snapchat ou Instagram ».
En parallèle, les institutions peinent à s’adapter : « les professionnels des CEF étaient peu outillés face à cette problématique ». Et sur le plan judiciaire, la pression monte, avec « une hausse notable des placements au pénal pour des situations liées au proxénétisme ».
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