Un changement de modèle en protection de l'enfance ne se décrète pas. Entre verrous juridiques, équipes épuisées et coûts cachés, l'Igas détaille un parcours semé d'embûches. Et livre aux départements une méthode très concrète pour transformer l'offre sans mettre les enfants en danger.
Moins d'institution, plus de familles. Le 22 septembre, lors du deuxième comité stratégique de la refondation de la protection de l'enfance, le gouvernement a hissé l'évolution de l'offre d'accueil et d'accompagnement au rang de « première priorité ». Le cap tient en une phrase : « prévenir davantage, soutenir les familles lorsque cela est possible, développer l'accueil familial et les tiers de confiance ». Avec, en ligne de mire, une « désinstitutionnalisation progressive des parcours ». Le virage s'annonce pourtant périlleux. Une maison d'enfants à caractère social (MECS) ne se reconvertit pas en service d'AEMO en quelques semaines, un éducateur d'internat ne devient pas éducateur de milieu ouvert du jour au lendemain, et les juges ne cessent pas de prononcer des placements le temps des travaux.
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