Trop d'enfants protégés placés en établissement, des familles d'accueil qui se raréfient, des proches trop peu sollicités. Pour changer de cap, l'Igas livre aux départements un mode d'emploi pour sortir du « tout-institution ». Sans miracle : il faudra investir d'abord, économiser ensuite.
Plus d'un enfant protégé sur deux grandit loin de ses parents, de plus en plus souvent en établissement. Les assistants familiaux partent sans relève, les proches restent à la porte, la dépense s'envole. Le système tient encore. Pour combien de temps ? Dans un rapport publié le 23 septembre, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) pose des mots sur ce malaise. Face aux 400 000 enfants concernés, le système « peine » à garantir une réponse adaptée, « au risque de parcours instables et insuffisamment protecteurs ». Le constat est connu. Cette fois, l'Igas propose un mode d'emploi pour en sortir.
Sous le titre « Repères pour la transformation de l'offre en protection de l'enfance », Geneviève Gueydan, autrice principale, et l'inspectrice générale Marguerite Moleux, qui y a contribué, s'attaquent à une question laissée en suspens depuis des années : comment réduire la place de l'établissement sans mettre les enfants en danger ? Geneviève Gueydan connaît le terrain. En 2019, elle pilotait déjà la démarche de consensus sur les interventions de protection de l'enfance à domicile.
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