Faute de places et de professionnels, les parents d’enfants handicapés en outre-mer peinent à trouver de l’aide. Le gouvernement met en avant le « plan 50 000 solutions », sans préciser les mesures de répit prévues pour les familles.

En outre-mer, des parents doivent assurer eux-mêmes une partie des soins et de l’accompagnement de leur enfant handicapé. Le député LFI de La Réunion Jean-Hugues Ratenon demande davantage de moyens et de soutien pour ces familles. Dans sa réponse du 8 septembre, le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées présente les accompagnements déployés à La Réunion et ceux prévus d’ici 2030.

Selon les chiffres cités par le parlemenentaire, environ 6 % des enfants de 5 à 14 ans sont en situation de handicap dans les territoires ultramarins, contre 4 % dans l’Hexagone, avec des variations encore plus fortes à Mayotte.

À l’échelle nationale, les données recensent 174 200 enfants et adolescents handicapés accompagnés dans les établissements et services médico-sociaux fin 2022, dont 68 % de garçons. Pour l’année 2023-2024, elles font état de 235 400 élèves handicapés scolarisés dans le premier degré, de 232 900 dans le second et de 59 000 étudiants dans l’enseignement supérieur.

Des parents sans relais

« Les parents doivent endosser des rôles qui ne sont pas les leurs », écrit Jean-Hugues Ratenon, qui cite ceux de médecin, d’infirmier et de psychologue. Il leur faut parfois être « les jambes, les mains et les yeux de ces enfants ».

« L’incompréhension reste entière face à la non-réponse à leur appel à l’aide », poursuit le député. Ces familles réclament « les mêmes droits que les autres enfants », « une juste place dans la société » et, par-dessus tout, « une justice juste, de la dignité et le droit pour ces enfants d’exister ».

L’élu demande davantage d’accompagnateurs et de professionnels formés sur place, ainsi qu’une formation continue renforcée pour répondre aux besoins des enfants ultramarins. Il réclame aussi des centres spécialisés de proximité et un meilleur transport médicalisé. Pour les parents, il appelle à développer le répit, le soutien psychologique et l’aide dans les démarches administratives.

Un plan de 1,5 milliard d’euros

« Les capacités d’accueil des établissements médico-sociaux pour enfants en situation de handicap poursuivent leur progression », répond le ministère. Il s’appuie sur le « plan 50 000 solutions », annoncé lors de la Conférence nationale du handicap d’avril 2023 et doté de 1,5 milliard d’euros pour 2024-2030.

Ce plan doit accroître les possibilités d’accompagnement, « corriger les disparités territoriales constatées » et faire évoluer l’offre « vers une logique inclusive ».

Les agences régionales de santé (ARS) en organisent la mise en œuvre, dans le cadre de la circulaire du 7 décembre 2023. Leurs programmations pour 2024-2030 reposent sur des diagnostics territoriaux établis notamment avec les associations représentatives et les départements. Ce travail doit permettre d’adapter l’offre existante et de « fluidifier les parcours des personnes concernées », précise le ministère.

Plus de 460 solutions à La Réunion

« Une attention particulière a été, et continue d’être, portée aux territoires ultramarins », assure le gouvernement. À La Réunion, il fait état de plus de 460 solutions nouvelles installées au 31 décembre 2025 : 280 pour le soutien à la scolarisation, plus de 140 en établissements et services sociaux et médico-sociaux pour enfants, et une quarantaine pour les adultes.

Pour 2026-2030, le ministère prévoit « le déploiement progressif de plus de 650 solutions supplémentaires » relevant du périmètre de l’ARS.

Le gouvernement entend également transformer les instituts médico-éducatifs (IME) pour développer des « offres de services coordonnées ». Cette orientation est retenue lors du comité de pilotage national de la transformation de l’offre médico-sociale de novembre 2025. Il s’agit de proposer plusieurs formes d’accompagnement, ajustables aux besoins et aux attentes de chaque personne. Le ministère décrit une « véritable palette de solutions », fondée sur le respect de ses droits.

Des professionnels à recruter

Pour répondre aux difficultés de recrutement, le gouvernement met en avant les 4 milliards d’euros consacrés à la revalorisation des rémunérations du secteur social et médico-social, décidée avec les départements. Il fait également état de plus de 13 500 places de formation créées entre 2020 et 2025 pour les infirmiers, les aides-soignants et les accompagnants éducatifs et sociaux.

Les plateformes des métiers de l’autonomie doivent aussi aider les employeurs à recruter. Issues d’un appel à projets conduit avec la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), elles proposent des services dans les territoires pour pourvoir « plus rapidement et plus efficacement leurs offres d’emploi », indique le ministère.

Sur le transport médicalisé, le répit, le soutien psychologique et l’aide administrative, la réponse ne détaille toutefois aucune mesure destinée aux familles ultramarines.