Dix ans après la loi du 13 avril 2016 pénalisant l’achat d’actes sexuels, le décalage est frappant : 15 000 à 20 000 mineurs seraient toujours exploités en France. En face, seulement 1 200 clients sont poursuivis chaque année. Un écart qui révèle l’ampleur du phénomène et les limites des réponses apportées.

Il y a dix ans, jour pour jour, la France adoptait la loi du 13 avril 2016, dite loi de pénalisation des clients de la prostitution. Pour la première fois, acheter un acte sexuel devenait une infraction, punie de 1 500 euros d’amende, portée à 3 750 euros en cas de récidive. Le texte supprimait aussi le délit de racolage passif et renforçait le parcours de sortie de la prostitution. Un tournant symbolique.

Dix ans plus tard, la haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry réunissait chercheurs, magistrats et acteurs de terrain autour d’une matinée de travail consacrée à l’exploitation sexuelle des mineurs. Le constat s’impose, net : la loi a modifié le cadre, mais pas la réalité. « Derrière ces chiffres, ce sont des adolescents vulnérables, souvent en rupture, que nous devons regarder », insiste-t-elle. Dans le même temps, la haute-commissaire à l’Enfance rappelle l’objectif de la rencontre : « mieux comprendre ce phénomène pour lutter contre l’impuissance ressentie par tant d’adultes ».

Il vous reste % de cet article à lire.

Pour lire la suite, rejoignez notre communauté d’abonnés

Je découvre les offres

Vos avantages

  • L’accès illimité à tous les articles, décryptages, dossiers et interviews de la rédaction
  • Une information vérifiée, analysée et documentée
  • Un média indépendant et animé par des journalistes spécialistes du secteur social et médico-social