Comment les travailleurs sociaux utilisent-ils déjà l'intelligence artificielle ? Quels bénéfices en tirent-ils ? Quels risques fait-elle peser sur le travail collectif et le secret professionnel ? Les enseignements de dix-huit mois de travaux menés par le LaborIA.
Les travailleurs sociaux n'ont pas attendu que leur employeur leur donne le feu vert. Dans les bureaux, l'intelligence artificielle est déjà utilisée pour reformuler un rapport, résumer un dossier, préparer un courrier ou retrouver rapidement une information. Le plus souvent avec un compte personnel, parfois même sans que l'encadrement en soit informé.
Lors d'un webinaire organisé le 3 juillet par l'Observatoire social de la Ville de Paris, Yann Ferguson, sociologue à Inria et directeur scientifique du LaborIA (Laboratoire de recherche-action sur les effets de l'intelligence artificielle sur l'avenir du travail), est revenu sur les enseignements de dix-huit mois de recherche-action consacrés aux effets de l'intelligence artificielle sur le travail. S'appuyant notamment sur les échanges menés avec des travailleurs sociaux, il montre que les usages se diffusent plus vite que les organisations ne parviennent à les encadrer : « Les usages de l'IA devancent le pilotage de l'IA. »
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