Quand les jeunes ne sont plus dans la rue, comment continuer à aller vers eux ? En Haute-Marne, la prévention spécialisée a réinventé ses pratiques pour faire face à l'isolement, au manque de mobilité et à l'éloignement des services.

Six éducateurs pour couvrir les deux tiers d'un département de 621 000 hectares, où vivent seulement 20 habitants au kilomètre carré. Sur le papier, l'équation paraît impossible. C'est pourtant le quotidien du service de prévention spécialisée de l'ADPEP 52. Sa directrice générale, Céline Tisserand, forte de vingt-cinq ans d'expérience en prévention spécialisée, décrit un territoire où les distances façonnent le quotidien : des jeunes éloignés des services, une mobilité qui conditionne l'accès aux droits et une offre de soins qui se raréfie.

La prévention spécialisée est « souvent assimilée à tort uniquement aux quartiers populaires urbains, en périphérie des agglomérations, voire limitée au seul zonage des quartiers prioritaires de la ville », rappelle Gabriel Lacalmette. La cartographie vient de démontrer le contraire : la majorité de ses codes postaux d'intervention se situe en zone rurale.

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