Face aux sénateurs qui enquêtent sur les violences dans le périscolaire, Gérald Darmanin reconnaît les retards de la justice dans les affaires impliquant des mineurs victimes. Le garde des Sceaux veut faire des viols d’enfants une priorité et adapter l’institution au temps de l’enfant.
La mémoire d'un enfant de 2, 3 ou 4 ans s'efface en trois ou quatre semaines. Les enquêteurs le convoquent pourtant parfois trois ou quatre mois après la plainte, relève Agnès Evren, sénatrice LR de Paris et rapporteure de la mission d'information du Sénat sur les violences dans le périscolaire. Ce délai peut compromettre le dossier et entamer la confiance des familles.
Le 28 septembre, Gérald Darmanin ne nie pas ce constat. « Des mois ou des années d'attente, ce qui est le cas de la plupart des contentieux, n'est évidemment pas possible pour un enfant qui est en danger », admet le garde des Sceaux.
Le Sénat a lancé cette mission, dotée des prérogatives d'une commission d'enquête, en juin, après le scandale du périscolaire parisien révélé en avril : 132 animateurs suspendus, dont 52 pour des soupçons de violences sexuelles. Face aux sénateurs, le ministre fait son autocritique. Les enquêtes pour violences sur mineurs ont souffert, selon lui, d'« un manque de priorisation ». « Et sans doute, je bats ma coulpe », ajoute-t-il. Dans la lutte contre les violences intrafamiliales, l'attention s'est surtout portée sur les femmes, « oubliant très souvent les enfants ».
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