Elle se qualifie d'"humanitaire, militante ou activiste". Fatiha Kettab, présidente de SOS Migrants Mineurs a fait sienne, depuis des années, la cause des enfants des rues de la Goutte d'Or à Paris. Cette professionnelle analyse les raisons des échecs de la prise en charge de ces mineurs.

© Hervé Lequeux

La situation des mineurs non accompagnés (MNA) de la Goutte d'Or à Paris décrite dans le livre "Enfances abandonnées. Une enquête auprès des enfants des rues" de Nadia Hathroubi-Safsaf est-elle toujours d’actualité ? Il y a-t-il un mieux ou a contrario une dégradation ?

Il y a une légère amélioration de la situation due au changement de l'opérateur chargé de prendre en charge ces mineurs isolés non accompagnés. La Mairie de Paris avait donné mandat au Centre d'Action Sociale Protestant (CASP) mais les résultats n'ont pas été à la hauteur des besoins. Aujourd’hui, l’opérateur est l'association Hors la Rue qui bénéficie d’une équipe beaucoup plus spécialisée dans l’enfance en errance et dans l’enfance migrante isolée. Il s'agit d' une équipe de travailleurs sociaux qui a déjà travaillé notamment avec les Roms et sur la traite des êtres humains. Le jour où les équipes du CASP ont présenté leur projet au quartier, aux habitants, aux riverains en présence du maire, ils ont fait valoir une expertise concernant le sans-abrisme notamment dans le quartier de Châtelet au centre de Paris. Ils ont défendu également l’idée qu’ils travaillent auprès de jeunes sans abri, en rupture sociale, en rupture affective etc. A priori, c’est la raison pour laquelle ils ont été retenus comme opérateur par la Ville de Paris. Or, dans le cas des MNA de la Goutte d’Or, nous n’avons pas à faire à un public de personnes sans-abris "classique". Tout d’abord, il s'agit d'un public de migrants. Ensuite, il est question d'un public extrêmement jeune avec des enfants dont la moyenne d’âge est de 12-13 ans, voire des très petits âgés de 8-9 ans, qui vivent dans la rue, sans adultes ni tuteurs légaux sur un territoire français, dans un quartier déjà classé comme zone de sécurité prioritaire parce qu’il y a des problématiques diverses de délinquance. Tout cela demande une expertise spéciale notamment en termes de droits des mineurs isolés, de prévention spécialisée sur les questions de délinquance et d’éducation spécialisée.

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