Jusqu'au 18 octobre, le Conseil national de la protection de l'enfance (CNPE) reçoit les candidatures pour renouveler en partie son collège des enfants, des adolescents et des jeunes majeurs.

Placé auprès du Premier ministre, le CNPE donne des avis et fait des propositions sur la protection de l'enfance. Depuis la loi de février 2022, il compte un collège de jeunes directement concernés, installé en octobre 2024. Douze mineurs ou jeunes majeurs y siègent. Tous bénéficient d'une mesure de protection, civile ou pénale, ou l'ont quittée depuis moins de six mois.

Leur rôle est de contribuer aux travaux du Conseil « en émettant des avis et des propositions sur les questions relatives à la prévention et à la protection de l'enfance ». Ils peuvent aussi suggérer des sujets au CNPE ou s'emparer d'un thème de leur propre initiative. Pendant leur premier mandat, ils ont travaillé sur la place des enfants protégés à l'école et sur le droit de vivre une vie ordinaire, notamment pour les actes du quotidien.

Les membres sont nommés pour deux ans, renouvelables une fois. La première mandature se termine en octobre. Cinq jeunes ont choisi de rester pour un second mandat, il reste donc sept places à pourvoir.

Qui peut candidater ?

Ce ne sont pas les jeunes qui candidatent directement, mais les structures qui les accompagnent : associations, établissements et services des conseils départementaux (dont les ODPE) et protection judiciaire de la jeunesse. Elles doivent avoir « une expérience en participation des enfants, adolescents et des moyens mobilisables pour les accompagner, ou disposer d'un projet abouti en la matière ». Chaque structure peut proposer deux ou trois jeunes au maximum.

Leur accord est indispensable : « L'accord "express" des enfants, adolescents et jeunes majeurs est requis ». Il peut être donné à l'écrit, en vidéo ou à l'oral, comme les jeunes le souhaitent. Les structures doivent aussi leur laisser le temps de décider et informer les parents des mineurs.

L'engagement représente deux à quatre réunions plénières par an à Paris, trois ou quatre rencontres du collège avec des temps de formation, et parfois des groupes de travail. Le CNPE dit tenir compte des contraintes des jeunes et privilégier les vacances scolaires ou les week-ends. Les frais de déplacement sont pris en charge dans la limite des crédits prévus.

Les structures doivent aussi assurer un suivi individuel pendant tout le mandat. Pour le CNPE, les jeunes doivent être soutenus « par des professionnels qui les connaissent et avec lesquels ils ont pu nouer des relations de proximité et de confiance ».

Comment répondre ?

Pour répondre, il faut remplir le dossier en annexe de l'appel (4 pages maximum) et l'envoyer à cnpe.contact@france-enfance-protegee.fr. Un comité de sélection, composé de membres des autres collèges du CNPE, regardera d'abord la qualité des démarches de participation déjà en place, puis la solidité de l'accompagnement. Il veillera aussi à un équilibre entre les profils : sexe, âge, origine géographique, mesure de protection et type d'accueil.

Une fois la sélection validée par le CNPE, chaque jeune candidat recevra une réponse directe. Ceux qui sont retenus obtiendront une attestation de désignation, utile notamment auprès de leur établissement scolaire.

Pour le CNPE, l'enjeu dépasse ce seul collège. Il veut contribuer à « une acculturation collective » autour des droits des enfants protégés, en particulier celui de s'exprimer sur ce qui les concerne, et éviter « le piège d'une mesure cosmétique, ou de communication ».