Alors que Stéphanie Rist, ministre de la Santé et des Familles, envisage de rendre obligatoire le signalement des enfants en danger par les médecins, Laurent Puech et Christophe Daadouch appellent à la prudence. Pour eux, le droit permet déjà d'agir ; l'urgence est plutôt de former, d'accompagner et de sécuriser les professionnels.
À lire — « Secret professionnel et signalement : à l'ombre de l'émotion, les erreurs de raisonnement se multiplient », l'article que Laurent Puech et Christophe Daadouch ont écrit le 30 juin 2026 avec Véronique Logeais et Antoine Guillet, les deux autres membres de l'équipe de secretpro.fr. Cette interview en prolonge les arguments : effet d'engorgement, faux positifs, familles qui cessent de consulter, professionnels qui préfèrent ne plus voir.
La ministre de la Santé et des Familles, Stéphanie Rist, souhaite rendre obligatoire le signalement des enfants en danger par les médecins. Pourquoi cette évolution vous paraît-elle risquée ?
Laurent Puech. Les professionnels de santé peuvent déjà signaler une situation : le cadre légal les y autorise, sans les y obliger. Il existe aussi la non-assistance à personne en péril, qui impose d'agir lorsqu'un danger est identifié ; souvent, cela passe par un signalement. Les médecins disposent donc déjà d'une marge d'action face à un enfant en danger. En théorie, ils ne sont pas en insécurité juridique. On cite souvent l'affaire Izard [NDLR : en 2014, la pédiatre Eugénie Izard avait été sanctionnée par l'Ordre des médecins après un signalement d'une situation de maltraitance, une décision ensuite annulée], mais elle reste exceptionnelle.
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