Les associations d'étudiants dénoncent l'amendement voté par le Sénat, dans la nuit du 2 au 3 août, visant à remplacer la prime de rentrée exceptionnelle de 100 euros, réservée aux minima sociaux, par une majoration de 150 euros aux bénéficiaires de la prime d'activité. La CMP trouve un compromis.  

(publié le 3 août et mis à jour le 4 août)

Dans la nuit de mardi 2 à mercredi 3 août 2022, le Sénat a adopté avec modifications le projet de loi de finances rectificative pour 2022, en première lecture, par 225 voix pour et 101 voix contre. Au rang des modifications, le Sénat a voté  un amendement pour remplacer la prime de rentrée exceptionnelle de 100 euros, réservée aux minima sociaux, par une majoration de 150 euros aux bénéficiaires de la prime d'activité et aux allocataires de l’allocation aux adultes handicapés. Pour le rapporteur général du budget, Jean-François Husson (Les Républicains, LR), à l’origine de l’amendement, l'objectif est de « recentrer l’aide sur les travailleurs pauvres », en préservant les personnes handicapées « qui rencontrent plus de difficultés à s’insérer dans le monde du travail ».

Gabriel Attal, ministre délégué aux Comptes publics, , a donné un avis défavorable à cet amendement qui « reviendrait à retirer le bénéfice de l'aide à 4 millions de foyers pauvres ».

"Le Sénat prive ainsi de nombreux-se-s étudiant-e-s de cette prime pourtant nécessaire au vue de la rentrée approchant à grands pas et de l'inflation ayant atteint 6,1% en juillet 2022"

Cette aide exceptionnelle de rentrée devrait bénéficier aux étudiants boursiers, aussi le vote du Sénat a sucité l'ire des associations d'étudiants.  

"Le Sénat prive ainsi de nombreux-se-s étudiant-e-s de cette prime pourtant nécessaire au vue de la rentrée approchant à grands pas et de l'inflation ayant atteint 6,1% en juillet 2022", dénonce, dans un communiqué,  l'Afges Etudiants d'Alsace.

La Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), l'Afges Etudiants d'Alsace demandent que la CMP (commission mixte paritaire) revienne sur cette décision du Sénat "largement préjudiciable pour le pouvoir d'achat de nombreux foyers et d'étudiant-e-s".

"En agissant ainsi, la droite sénatoriale prive 1,8 millions d'étudiants d'une aide de 100 euros, indispensable pour affronter cette rentrée scolaire difficile. Elle a également rejeté mes amendements visant à soutenir les universités et le CNOUS. Ce pays n'aime pas sa jeunesse !", a déploré, sur twitter, Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine.

Le texte devait faire l’objet de discussions entre sénateurs et députés, en commission mixte paritaire, ce 3 août en soirée, pour tenter de trouver un accord sur une version définitive.

Dans la nuit de ce jeudi 4 août, en commission, députés et sénateurs sont parvenus à un compromis sur la liste des bénéficiaires de l'aide exceptionnelle de rentrée, promise par le gouvernement pour aider les plus modestes, en septembre 2022, à faire face à l'inflation.

L'aide de rentrée sera finalement aussi versée aux bénéficiaires des minima sociaux (ASPA, AAH, RSA, prime d'activité, APL) et aux étudiants boursiers.