Diffusé sur Public Sénat, le documentaire « Maternité sous écrou » de Chloë Audrain et Nathaël Rusch suit le quotidien des unités mère-enfant de Mulhouse, Fresnes et Fleury-Mérogis. Un dispositif méconnu qui interroge le lien d'attachement, le développement de l'enfant et l'après-prison.
De la grossesse sous écrou à l'accouchement surveillé, jusqu'aux premiers mois passés derrière les barreaux, Maternité sous écrou, documentaire de 52 minutes de Chloë Audrain et Nathaël Rusch diffusé sur Public Sénat le 30 mai, suit trois femmes – Marie-Ange, Angelina et Firiel – qui vivent leur maternité en prison.
Le film donne à voir ce que l'administration pénitentiaire appelle les unités pour mère-enfant (UME). La France en compte 82 places, réparties dans 31 établissements. Un chiffre stable dans un pays où le nombre de femmes incarcérées augmente. Deux modèles coexistent. À Mulhouse (Haut-Rhin), les mères vivent avec leur enfant dans des cellules mère-enfant individuelles. À Fresnes (Val-de-Marne) et à Fleury-Mérogis (Essonne), elles sont accueillies dans des nurseries collectives, des quartiers entiers dédiés aux mères et à leurs enfants, séparés du reste de la détention.
Invité à débattre après la diffusion du documentaire, Édouard Gardella, sociologue au CNRS et co-pilote du projet de recherche « Mère et bébé en prison », souligne l'importance de l'environnement sonore. « C'est un enjeu très important en prison en général, et pour les très jeunes enfants en particulier », explique-t-il. Justine Gerbaud, directrice des services pénitentiaires et porte-parole de l'administration pénitentiaire, rappelle quant à elle que ces espaces sont conçus pour être « effectivement préservés, pour permettre à la mère et à l'enfant d'avoir une vie le plus apaisée possible ».
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