Drogués par les réseaux, traités en délinquants, malmenés par les experts… À chaque étape de leur reconstruction, les mineurs exploités doivent encore se battre pour être reconnus comme victimes, alertent ceux qui les accompagnent.
En plein sevrage, sans un mot de français, ils débarquent aux urgences pédiatriques escortés par les pompiers ou la police. « On a vu des gamins qui fuguaient avec des fractures du fémur », raconte Emmanuelle Peyret, pédopsychiatre responsable de l’unité fonctionnelle d’addictologie du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Robert-Debré, à Paris. « Qui sont-ils ? Quels sont les produits de consommation ? », se demandait alors la médecin, avant de partir à leur rencontre en maraude avec l’association Hors la rue et de découvrir des enfants exploités. Véronique Boulay, avocate au barreau de Paris, regrette qu’on les regarde encore trop volontiers comme des auteurs. « La reconstruction peut aussi passer par la reconnaissance judiciaire de la qualité de victime », insiste-t-elle.
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