Après le meurtre de Lyhanna, 11 ans, la commission des lois du Sénat a auditionné, le 9 juin, les ministres de l’Intérieur et de la Justice. Traitement des plaintes, circulation de l'information, priorités pénales et suivi des procédures : les deux ministres ont dû répondre aux interrogations des sénateurs sur les défaillances révélées par l'affaire.
Rarement une audition de la commission des lois du Sénat aura été aussi attendue. Quatre jours après la découverte du corps de Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers, le garde des Sceaux Gérald Darmanin et le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez sont entendus par les sénateurs pour répondre à une question devenue centrale dans le débat public : comment une plainte pour viol sur mineure, accompagnée d'éléments médicaux et psychologiques particulièrement accablants, a-t-elle pu s'enliser pendant plusieurs mois avant le drame ?
À l'ouverture des débats, Muriel Jourda (LR, Morbihan), présidente de la commission des lois du Sénat, donne le ton. Pas question pour elle de commenter l'enquête judiciaire en cours. L'enjeu se situe ailleurs. Selon la sénatrice, le sujet dépasse les éventuelles fautes individuelles et interroge le fonctionnement même des institutions. « Ici, messieurs les ministres, ce dont nous devons parler, c'est bien de la façon dont le fonctionnement des services est organisé, pour éviter toute défaillance lorsqu'il est question d'affaires de violences faites aux enfants », insiste-t-elle.
Pendant plus de deux heures, les échanges vont ainsi osciller entre deux questions. Que s'est-il passé dans les mois qui ont précédé le meurtre de Lyhanna ? Et, au-delà de cette affaire, les dispositifs censés protéger les enfants victimes de violences fonctionnent-ils réellement comme ils le devraient ?
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