Condamnations rares, statistiques introuvables, formations des professionnels jugées insuffisantes : interpellé par la députée LFI Gabrielle Cathala, le ministère de la Justice reconnaît les limites du suivi judiciaire des mutilations génitales féminines sans apporter les données chiffrées réclamées.
Les victimes sont le plus souvent des enfants, parfois très jeunes. Selon l’UNICEF et les agences des Nations unies, dans de nombreux pays où ces pratiques sont répandues, les filles sont le plus souvent excisées avant l’âge de cinq ans. En France, l'association « Excision, parlons-en » ! estime qu'environ trois adolescentes sur dix dont les parents sont originaires d'un pays où ces pratiques sont répandues restent exposées à un risque de mutilation, notamment à l'occasion de séjours à l'étranger.
Malgré l'ampleur du phénomène, les données judiciaires restent largement introuvables. Les dernières estimations sanitaires officielles évaluent à 139 000 le nombre de femmes vivant en France ayant subi des mutilations génitales féminines en 2024. Et selon les institutions et les associations spécialisées, aucune condamnation pour ces faits n'aurait été prononcée pendant près de dix ans, jusqu'à un procès récent au cours duquel une mère a été reconnue coupable d'avoir fait exciser ses trois filles aînées.
Pour lire la suite, rejoignez notre communauté d’abonnés
Je découvre les offresVos avantages
- L’accès illimité à tous les articles, décryptages, dossiers et interviews de la rédaction
- Une information vérifiée, analysée et documentée
- Un média indépendant et animé par des journalistes spécialistes du secteur social et médico-social