L’inceste sur mineurs reste massivement sous-estimé et mal traité par la justice. Devant les députés, Sarah El Haïry décrit un système encore défaillant face à une violence enracinée dans la sphère familiale et appelle à renforcer les outils, la formation et l’écoute des victimes.

Devant la commission d’enquête de l'Assemblée nationale sur le traitement judiciaire des viols et agressions sexuelles incestueuses sur mineurs, la haute-commissaire à l’enfance Sarah El Haïry lève la main droite, prête serment et, pendant une heure et demie, déroule son analyse, le 16 avril. « Ces chiffres représentent des vies fracturées, parfois plus profondément brisées. Ces violences sont commises dans des espaces clos, là où l'enfant devrait être le plus en sécurité, c'est-à-dire au sein de sa famille », martèle la haute-commissaire à l'Enfance. Le fléau prospère dans l'ombre des foyers, nourri par un tabou tenace : « La domination du père sur l'enfant, du beau-père sur l'enfant, de l'adulte de confiance sur l'enfant.  La famille comme espace protecteur, l'image du bon père de famille, celle de l'enfant qu'on soupçonne encore de mentir », déplore-t-elle. L'enfant, piégé dans des schémas de domination absolue où, dit-elle, « le parent a tout pouvoir, comme une propriété », porte une double peine : le traumatisme et la culpabilité de menacer l'unité familiale. Sarah El Haïry souligne que cette commission d'enquête apporte « une pierre complémentaire de compréhension, peut-être plus juste, plus fine, en tout cas des réalités vécues par les enfants ».

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