En 2026, le ministère de la Justice recrute une soixantaine d'infirmiers pour ses nouvelles UJPE, qui ouvrent le 1er septembre. Objectif : faire de la santé un vrai levier de réinsertion pour des jeunes dont un quart déclare un problème de santé chronique.
La création des unités judiciaires à priorité éducative (UJPE) est une mesure centrale de la réforme annoncée en novembre 2025 par le garde des Sceaux Gérald Darmanin. Dès le 1er septembre, 85 établissements — centres éducatifs fermés du secteur public et foyers de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) — basculent dans ce nouveau format, avec un déploiement qui se poursuit courant 2027 pour le secteur associatif habilité (SAH). Dans chaque structure, un infirmier exercera à temps plein au sein d'une équipe réunissant éducateurs, psychologue et professeur technique. Cette organisation « vise à intégrer pleinement la dimension sanitaire dans l'accompagnement éducatif », précise le ministère de la Justice.
Un public avec de forts besoins sanitaires
24 % des jeunes suivis par la PJJ déclarent un problème de santé ou une maladie chronique (DPJJ/ORS 2025). Les troubles de santé mentale progressent : selon Santé publique France, 14 % des collégiens et 15 % des lycéens présentent un risque important de dépression — des taux encore plus élevés chez les jeunes sous main de justice. Beaucoup ont grandi dans des parcours « marqués par la précarité, les ruptures, les violences ou encore les conduites addictives », souvent associés à un renoncement aux soins, note le ministère. Or, rappelle-t-il, « l'état de santé constitue un facteur déterminant pour s'engager dans un parcours de réinsertion ».
Prévention, soins, urgences : des missions larges
Les infirmiers interviennent dès l'arrivée du mineur pour évaluer son état de santé, identifier ses besoins et l'orienter vers les partenaires adaptés. Ils assurent le dépistage des conduites à risque, des actions de prévention — hygiène, sommeil, alimentation, vie affective et sexuelle — et le suivi des parcours de soins (santé mentale, addictions, suivi somatique) en lien avec les familles et les structures spécialisées. Ils contribuent aussi, précise le communiqué, « à l'accompagnement des équipes éducatives et à la gestion des situations d'urgence ou de crise ».
Qui peut postuler ?
Les recrutements sont ouverts aux infirmiers titulaires de la fonction publique — d'État, hospitalière ou territoriale — par voie de détachement, ainsi qu'aux infirmiers diplômés d'État. La rémunération démarre entre 2 030 € et 2 267 € nets mensuels et peut atteindre 3 830 € en fin de carrière. Dès leur prise de poste, les recrues « bénéficient d'une formation d'adaptation à l'emploi dispensée par l'ENPJJ à Roubaix », afin de se préparer aux spécificités du public adolescent suivi par la Justice. Des évolutions sont possibles vers des fonctions de conseiller technique en promotion de la santé, au niveau territorial ou interrégional.
Les fiches de poste ouvertes sont disponibles en ligne.