La proposition de loi « intégrale », examinée en première lecture à l'Assemblée nationale, fait basculer la charge de l'exploitation sexuelle des mineurs sur les adultes qui en profitent. Ce durcissement pénal se heurte toutefois à une réalité tenace : le manque d'enquêteurs.

« Je ne savais pas qu'elle était mineure, elle ne le paraissait pas et m'a dit ne pas l'être. » Dans les dossiers d'exploitation sexuelle de mineurs, la phrase revient comme un refrain dans la bouche des clients, rappelle Elsa Faucillon, députée (GDR) des Hauts-de-Seine. Elle pourrait bientôt ne plus les protéger. Lundi 5 octobre, l'Assemblée nationale adopte en première lecture, dans le cadre de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, une série de mesures qui visent chaque maillon de la chaîne : les clients, les réseaux et jusqu'aux adultes censés protéger les enfants. Le texte doit encore être examiné par le Sénat.

Un fléau en hausse

L'ampleur du phénomène s'impose d'entrée dans les débats. En juillet 2025, le gouvernement indiquait au Sénat que plus de 11 000 mineurs étaient victimes d'exploitation sexuelle en France. Entre 2021 et 2025, le nombre de victimes mineures enregistrées a bondi de plus de 43 %. Gabrielle Cathala, députée (LFI) du Val-d'Oise, désigne un lieu où le danger se concentre, l'aide sociale à l'enfance (ASE), où « des milliers d'enfants » seraient selon elle victimes d'exploitation sexuelle.

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