Des soins trop chers, trop rares et souvent tardifs : la proposition de loi « intégrale » doit répondre aux besoins des victimes de violences sexuelles dans l’enfance. À l’Assemblée nationale, les experts du psychotraumatisme réclament des parcours spécialisés, financés et accessibles à tout âge.
« La victime qui commence des soins à 30 ans, c'est-à-dire le cas général, n'a droit à rien dans ce texte. » Alice Gayraud, ancienne responsable du plaidoyer de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), pointe l'une des principales limites de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexuelles et sexistes.
« Les violences sexuelles constituent des urgences médico-psychologiques et médico-légales »
Des années avant les soins
« Le psychotraumatisme se soigne », insiste Alice Gayraud, qui a porté le plaidoyer de la Ciivise entre 2021 et 2023. Les victimes peinent pourtant à trouver les professionnels capables de les accompagner. À partir du rapport de la commission, elle évoque un délai moyen de 10 à 13 ans avant l’accès à un suivi médical spécialisé. Ces recherches commencent souvent longtemps après les faits : 62 % des victimes d’inceste mettent plus de 10 ans à les révéler, rappelle-t-elle.
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