En quelques semaines, le contrôle généralisé des antécédents judiciaires a écarté près de 3 000 personnes des secteurs de la protection de l’enfance et de l’accueil du jeune enfant, illustrant l’ampleur du filtrage engagé parmi les professionnels au contact des mineurs.
Le chiffre est lourd de sens. Depuis début octobre, 2 980 personnes ont été écartées des secteurs de la protection de l’enfance et de l’accueil du jeune enfant à la suite des premières vérifications engagées dans le cadre de l’attestation d’honorabilité. La haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, l’a confirmé à l’AFP. « On a déjà écarté 2 980 personnes au sein de la Protection de l’enfance et de l’accueil du jeune enfant. Les contrôles se poursuivent, nous vérifions tout le stock des professionnels et bénévoles », a-t-elle déclaré, sans préciser quelle part de ces personnes étaient déjà en poste ou en phase de candidature. Dans le même temps, plus de 650 000 attestations ont déjà été délivrées.
Généralisé sur l’ensemble du territoire depuis le 1er octobre 2025, le dispositif repose sur un principe de filtrage systématique. L’attestation d’honorabilité vise à garantir qu’aucun professionnel ou bénévole intervenant auprès de mineurs ne présente de condamnation inscrite au bulletin n°2 du casier judiciaire ni au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles et violentes. Elle s’impose à l’ensemble des acteurs de la protection de l’enfance et de l’accueil du jeune enfant, des foyers aux crèches, des assistants familiaux aux assistants maternels. Le document doit être présenté à l’embauche puis renouvelé régulièrement au cours de la carrière.
Des inquiétudes persistantes
Ce premier bilan ne met toutefois pas fin aux inquiétudes. Pour la haute-commissaire, le risque d’un simple déplacement des profils dangereux reste bien réel. « Il ne faut pas être naïf, ces gens-là vont aller où Dans les hôpitaux, auprès des personnes handicapées, ils vont aller dans des zones où le contrôle n’existe pas ou est moins efficace », alerte-t-elle. « Nous les évinçons d’un secteur, ce n’est pas pour qu’ils se rediffusent ailleurs », insiste Sarah El Haïry.
Pour tenter de combler ces angles morts, le périmètre du dispositif a déjà commencé à s’élargir. Depuis décembre, l’attestation d’honorabilité est exigée des candidats à l’agrément à l’adoption. Elle doit également s’appliquer, au cours du premier semestre, aux instituts médico-éducatifs (IME) accueillant des enfants en situation de handicap.
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