La consommation de protoxyde d’azote progresse chez les jeunes adultes et les complications graves se multiplient. À l’Assemblée nationale, le gouvernement est sommé d’agir plus efficacement.

Le 17 février, lors des questions orales sans débat, Philippe Bolo, député MoDem de Maine-et-Loire, alerte sur la hausse du mésusage. « Les chiffres sont alarmants : selon Santé publique France, 14 % des jeunes âgés de 18 à 24 ans déclarent en avoir consommé, et 3 % en feraient un usage régulier. » Le protoxyde d’azote est désormais la troisième substance la plus consommée par les jeunes après l’alcool et le tabac. L’âge moyen des usagers est de 22 ans et il « continue de baisser », souligne l’élu.

La loi du 1ᵉʳ juin 2021 interdit la vente aux mineurs ainsi que la commercialisation dans les bars et les débits de tabac. Le produit reste toutefois accessible en supermarché et sur Internet, ce qui complique les contrôles. Philippe Bolo estime que le phénomène ne recule pas. « Force est de constater que cette loi n’a pas réussi à endiguer le phénomène : les circuits de distribution se sont déplacés et ont favorisé l’émergence d’un véritable marché noir. » Pour le député, la réponse ne peut être uniquement répressive. « Il est donc indispensable d’agir en amont, par l’information et la prévention, pour dissuader les usagers et les convaincre des dangers réels de cette substance. »

Des risques graves et documentés

Au banc du gouvernement, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, reconnaît la gravité de la situation. « Les données de santé publique montrent en effet une hausse de consommation particulièrement inquiétante parmi cette population. » Il met en garde contre les dangers immédiats. « Le mésusage du protoxyde d’azote peut avoir des conséquences mortelles immédiates, notamment lorsqu’il est associé à la conduite. » Le ministre évoque aussi les complications relevées dans les services de soins. « On constate une augmentation des complications graves telles que des atteintes neurologiques parfois irréversibles, des problèmes d’ordre cardiovasculaire ou hématologique, ou encore des risques reprotoxiques documentés. »

Prévention et contrôles renforcés

Le ministre rappelle que la réglementation a été renforcée, avec un arrêté limitant les volumes vendus et un décret imposant un message sanitaire. Il admet toutefois les limites du dispositif. « Nous savons bien que ces règles sont encore trop souvent contournées, notamment au moyen d’internet et de l’achat de bonbonnes de grand format. » Prévention, consultations jeunes consommateurs, coopération avec les ministères de l’Intérieur et de la Justice pour encadrer les transports et sanctionner les usages dangereux, le gouvernement affirme agir sur plusieurs fronts.

Mais une question demeure : comment enrayer durablement une pratique qui touche désormais une part importante des jeunes adultes ?