Lors de la séance des questions orales sans débat du 27 janvier à l’Assemblée nationale, Marie Pochon, députée écologiste de la Drôme, alerte sur l’accès aux soins psychiatriques des publics vulnérables.
L'élue cite en particulier les jeunes suivis par l’aide sociale à l’enfance (ASE) et les mineurs non accompagnés (MNA), qui « souffrent d’un déficit d’accès aux soins psychiatriques ». Elle évoque également les personnes détenues, indiquant qu’au centre pénitentiaire de Valence, « 40 % des détenus sont atteints de troubles psychiatriques ».

La députée souligne des parcours de soins discontinus, avec « des temps d’attente pouvant aller jusqu’à quatre mois dans les centres médico-psychologiques », situation que le Comité consultatif national d’éthique qualifie d’« atteinte directe aux droits fondamentaux des personnes vulnérables » et d’« urgence démocratique ». Elle rappelle enfin l’ampleur de la souffrance psychique, indiquant que « 53 % des Français disent avoir été en souffrance psychique au cours des douze derniers mois » et que, selon Santé publique France, « un quart des lycéens ont déjà eu des pensées suicidaires ».

Une enveloppe budgétaire renforcée
La réponse est apportée par Charlotte Parmentier-Lecocq qui intervient au nom de la ministre de la santé. La ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées rappelle que la santé mentale, érigée en grande cause nationale en 2025, est prolongée en 2026. Elle souligne que, « depuis 2018, la feuille de route santé mentale et psychiatrie s’est traduite par un investissement supérieur à 3 milliards d’euros », ajoutant que les dépenses de l’assurance maladie consacrées à la psychiatrie sont passées de 9 milliards d’euros en 2020 à plus de 13 milliards d’euros en 2025, soit « une hausse de près de 44 % ».
Pour 2026, elle annonce 413 millions d’euros supplémentaires, dont « 87 millions pour la pédopsychiatrie, les urgences psychiatriques, les unités pour malades difficiles, le handicap et l’innovation organisationnelle ».
Repérage précoce chez les jeunes
Concernant les jeunes, Charlotte Parmentier-Lecocq indique que le fonds d’innovation organisationnelle en psychiatrie a soutenu 268 projets pour un montant de 288 millions d’euros et que l’offre de psychiatrie périnatale, de l’enfant et de l’adolescent bénéficie de 175 millions d’euros de financements pérennes. Elle évoque le plan psychiatrie 2025, qui prévoit le déploiement d’un modèle national de repérage et d’intervention précoce des troubles émergents chez les jeunes, précisant que « trois expertes ont été missionnées » et que « leurs conclusions seront rendues avant mars 2026 ».