Le 8 avril au Sénat, la sénatrice socialiste de Paris Colombe Brossel alerte sur les effets de la réforme du CMG. Selon l’Unaf, plus de la moitié des familles monoparentales perdent jusqu’à 300 euros par mois. Le gouvernement défend sa réforme et lance des vérifications.

« Vous avez choisi de faire les poches des plus fragiles », dénonce Colombe Brossel, qui met en cause les effets directs de la réforme. L’élue insiste sur la réalité sociale des familles concernées, rappelant que « les mères solos - car il s'agit de femmes, à 83 % – sont frappées de plein fouet par la crise économique ».

En s’appuyant sur les données de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), elle détaille les conséquences financières. « Plus de la moitié des familles ont perdu de 150 à 300 euros par mois », indique la sénatrice, qui ajoute que « 35 % des parents ont dû revoir à la baisse leur activité professionnelle ». Elle appelle à corriger rapidement le dispositif. « Il est urgent d'agir pour les parents solos », insiste Colombe Brossel.

Le complément de libre choix du mode de garde est une prestation familiale destinée à couvrir une partie des frais liés à la garde d’un enfant, qu’il s’agisse de l’emploi direct d’un assistant maternel ou d’une garde à domicile.

Le gouvernement assume

« La réforme du CMG a été mise en œuvre en septembre 2025 pour un système plus lisible, plus équitable et plus adapté à la réalité des familles », défend la ministre de la Santé et des Familles. Stéphanie Rist précise les objectifs poursuivis. « Il s'agissait de limiter les effets de seuil et de rapprocher le taux d'effort pour l'accueil individuel de celui pour l'accueil collectif », explique-t-elle.

La ministre met en avant les indicateurs suivis par le gouvernement, assurant que « le niveau de recours est resté stable et le montant moyen de l'aide a augmenté ». Elle reconnaît toutefois un écart avec les données associatives. « L'Unaf a présenté, il y a quelques jours, des chiffres qui diffèrent de ceux de la caisse d'allocations familiales », souligne Stéphanie Rist. Elle annonce une vérification et d’éventuels ajustements, précisant avoir demandé « un travail sur l'exactitude des chiffres, ainsi que sur les propositions de l'Unaf — plafonnement du reste à charge, revalorisation du CMG, notamment — pour adapter la réforme le cas échéant ».

Elle maintient la ligne gouvernementale. « Notre cap en faveur des familles est constant », assure-t-elle, évoquant également « la création, en complément du CMG, du congé supplémentaire de naissance ».

Une contradiction pointée

Colombe Brossel insiste sur le décalage entre les objectifs affichés et les effets observés. « La réforme que vous avez engagée pour des raisons budgétaires a des effets contre-productifs », critique la sénatrice. Et, de conclure : « C'est maintenant qu'il faut agir ».