Les annonces de Stéphanie Rist sur la santé mentale des jeunes n'ont pas convaincu l'Uniopss ni le Collectif national santé jeunes. Les deux fédérations estiment que plusieurs difficultés majeures du secteur restent sans réponse.
Copie à revoir. Après deux années placées sous le signe de la santé mentale, érigée en Grande Cause nationale en 2025 puis prolongée en 2026, Stéphanie Rist était attendue sur les résultats. Parmi les mesures dévoilées le 2 juin figure un « coupe-file » psychiatrique pour les jeunes, avec la promesse d'un rendez-vous sous 24 à 48 heures. Pour l'Uniopss et le Collectif national santé jeunes (CNSJ), cette réponse ne traite pas les principales difficultés auxquelles le secteur reste confronté. Elles estiment que le dispositif « ne permettra pas de contourner les difficultés de l'accompagnement en santé mentale : l'absence de personnel et des délais d'attente trop longs ».
« Une succession de dispositifs cloisonnés »
Derrière la question du « coupe-file », les fédérations mettent en cause l'organisation plus globale du système. Tout en « prenant acte des orientations présentées », elles expriment leur « profonde inquiétude face à l'absence de mesures structurantes »
Les organisations associatives soulignent que des enfants continuent d'être « accompagnés dans des services pour adultes, une situation inacceptable faute de réponses adaptées ». Les deux réseaux relèvent également la saturation des structures spécialisées, qui conduit « de nombreux dispositifs de premier recours » à « assurer des missions relevant du second recours ».
Selon elles, la construction de parcours cohérents reste largement insuffisante. Familles et jeunes accompagnés se heurtent encore à « une succession de dispositifs cloisonnés ». L'Uniopss et le CNSJ estiment ainsi que « sans stratégie globale d'articulation entre le sanitaire, le médico-social et le social », les ruptures de parcours « continueront de s'aggraver ».
Des critiques sur certaines orientations
L'Uniopss et le CNSJ s'inquiètent également du contenu de plusieurs annonces. Sur le protoxyde d'azote, l'approche retenue serait « coercitive », « faisant fi de la prévention et de la réduction des risques ». Sur les réseaux sociaux, la réflexion s'arrêterait à la seule majorité numérique, « oubliant la nécessité de responsabiliser les géants du numérique ». Les deux organisations dénoncent un « tournant stigmatisant et sécuritaire ».
La question des moyens
Les deux fédérations regrettent enfin qu'« aucun engagement clair n'ait été posé pour renforcer durablement les moyens des structures, soutenir les équipes ou développer de nouvelles capacités d'accueil ». Elles réclament un engagement politique élargi aux déterminants socio-environnementaux de la santé mentale – logement, travail, éducation, culture –, des parcours « fluides, coordonnés et territorialisés » ainsi qu'un renforcement des moyens humains et financiers.
« Sans investissement massif et pérenne, aucune amélioration réelle de l'offre ne pourra être envisagée », concluent-elles.