Selon de nouveaux résultats publiés par Santé publique France, plus d’un enfant sur six scolarisé en élémentaire est identifié comme victime probable de harcèlement. L’enquête met en évidence un lien fort avec des troubles de santé mentale dès le plus jeune âge.

Santé publique France publie, ce 22 janvier, de nouveaux résultats d’Enabee, première enquête épidémiologique nationale sur le bien-être et la santé mentale des enfants scolarisés en maternelle ou en élémentaire en France hexagonale. Réalisée auprès des parents et des enseignants de 8 200 élèves scolarisés du CP au CM2, cette enquête permet de mieux documenter l’état de santé mentale des enfants et le profil psychologique des élèves concernés.

Des chiffres dès le primaire

L’étude montre que « plus de 16 % des enfants scolarisés en élémentaire sont victimes probables de harcèlement, près de 18 % des enfants ont des comportements agressifs, et un peu plus de 6 % cumulent le fait d’être victimes probables de harcèlement et d’avoir des comportements agressifs ». Les filles sont plus souvent identifiées comme victimes probables, tandis que les garçons présentent plus fréquemment des comportements agressifs.

Une santé mentale plus fragile

Les enfants concernés sont plus souvent confrontés à des difficultés de santé mentale, qu’elles soient émotionnelles, oppositionnelles ou liées à l’inattention et à l’hyperactivité. « Un peu moins de 7 % des enfants non impliqués présentent au moins un trouble probable de santé mentale, contre 40,9 % chez les enfants cumulant victimation et agressivité », indique Marianne Sentenac. Chez les enfants victimes probables, 22,6 % présentent un trouble de santé mentale, contre 18 % chez ceux ayant des comportements agressifs. Santé publique France souligne que « l’agressivité peut être un mécanisme de protection contre une détresse émotionnelle ».

Pour l’agence, ces résultats confirment la nécessité d’agir tôt. « Dès l’enfance, en complément d’un repérage précoce des situations de harcèlement, il faut renforcer la prévention, notamment par le développement des compétences psychosociales des enfants », indique-t-elle. Ces compétences doivent permettre « d’apprendre à réagir dans différentes interactions sociales ».


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