Le dispositif « Colos apprenantes » disparaît du budget 2026. Derrière cette suppression, c’est l’accès aux vacances des enfants les plus modestes qui se retrouve au cœur du débat.

Dans sa réponse publiée au Journal officiel du 10 février 2026, le Gouvernement justifie la suppression du dispositif au titre de l’effort de réduction du déficit public. Doté de 36,8 M€ en 2025, il ne bénéficie plus d’aucun crédit en 2026.

Dès le 11 novembre 2025, Abdelkader Lahmar, député La France insoumise du Rhône, rappelait dans sa question écrite que 4,7 millions d’enfants ne sont pas partis en vacances en 2023, la plupart issus de familles au quotient familial inférieur à 1000 euros. Il alertait sur les conséquences directes de la suppression du dispositif lancé en 2020. « C'est le droit aux vacances de centaines de milliers d'enfants qui va finir par disparaître. Pour leurs parents, pour les collectivités, les associations, les organisateurs de séjours, c'est le sentiment d'impuissance et d'abandon qui s'installera. Alors qu'en 2026 les colonies de vacances fêteront leurs 150 ans, arrêter un dispositif d'aide aux départs en colo apparaît comme incompréhensible et absurde », critique-t-il. Dans une question écrite déposée en octobre, le député apparenté socialiste des Pyrénées-Atlantiques Peio Dufau écrit : « Au-delà des inégalités sociales à l'accès aux vacances profondément creusées et de l'atteinte à des temps essentiels des jeunes et enfants, c'est également le secteur associatif qui risque d'être mis en difficulté. Des milliers d'associations et d'emplois sont amenés à disparaître. »

Une mobilisation large

Près de 70 organisations — parmi lesquelles le Scoutisme français, l’Unosel, Solidarité laïque, les MJC de France et Jeunesse au plein air — dénoncent la suppression. Elles rappellent que plus de 400 000 enfants ont pu partir en vacances entre 2020 et 2024 grâce à ce soutien. Elles soulignent que la France, en ratifiant la Convention internationale des droits de l’enfant, s’est engagée à garantir à chaque enfant le droit « au repos, aux loisirs et à la participation à des activités récréatives et culturelles », estimant que priver les plus fragilisés de vacances constitue « un réel manquement et désengagement ».

Le secteur redoutait également la taxation à 8 % du budget des activités sociales et culturelles des comités sociaux et économiques, anciennement comités d’entreprise, jugée susceptible de fragiliser les aides aux départs. Cette disposition ne figure finalement plus dans la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026.

Des aides réorientées

Face aux critiques, l’exécutif met en avant les dispositifs conservés. Le pass colo est « préservé de toute économie », avec 11,5 M€ maintenus en 2026. Copiloté par la direction de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative (DJEPVA) et la délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté (DIPLP), « ce dispositif constitue un levier important pour favoriser le départ en vacances des enfants de 11/12 ans, notamment ceux issus de familles modestes ».  À cela s’ajoutent 20 M€ mobilisés la même année par la Caisse nationale des allocations familiales pour financer des départs en colonies de vacances.

Une question demeure : ces montants suffiront-ils à garantir concrètement le droit aux vacances des enfants les plus modestes ? Chaque année, plus de 1,3 million d’enfants partent en colonies de vacances en France, selon les derniers chiffres officiels.