Les hospitalisations pour tentatives de suicide et automutilations continuent d’augmenter en 2025, selon la Drees. Les adolescentes atteignent des niveaux jamais revus depuis plus de dix ans.
Les urgences pédiatriques et psychiatriques ne voient pas la vague retomber. Dans les nouveaux chiffres publiés par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), le 11 mai, les hospitalisations liées à un geste auto-infligé poursuivent leur hausse en 2025, particulièrement chez les adolescentes et les jeunes femmes.
Le service statistique des ministères sociaux rappelle que ces gestes regroupent les tentatives de suicide mais aussi les automutilations non suicidaires, comme les scarifications, les brûlures ou les coups portés contre un mur.
En 2025, un peu plus de 84 000 personnes âgées de 10 ans ou plus ont été hospitalisées au moins une fois en soins somatiques après un geste auto-infligé. Parmi elles, 64 % sont des femmes, un ratio hommes-femmes stable depuis 2021. Rapporté à la population, cela représente 170 femmes hospitalisées pour 100 000 habitantes contre 101 hommes pour 100 000 habitants. Les taux progressent encore de 2 % par rapport à 2024.
La Drees souligne également que les taux moyens observés entre 2024 et 2025 augmentent de +9 % chez les femmes et de +4 % chez les hommes par rapport à la moyenne des années 2021-2023. Chez les femmes, les niveaux se rapprochent désormais du pic observé en 2012, avant une baisse jusqu’en 2020 puis une reprise brutale.
Une hausse qui ne ralentit plus
« L’augmentation du nombre total des hospitalisations est largement attribuable aux jeunes filles (10-19 ans) et aux jeunes femmes de moins de 30 ans », souligne l'étude.
Chez les adolescentes, la hausse reste spectaculaire. Après +56 % entre 2020 et 2021 puis +16 % entre 2023 et 2024, les hospitalisations progressent encore de +4 % entre 2024 et 2025. Le taux atteint désormais 482 hospitalisations pour 100 000 adolescentes. Le niveau est le plus élevé de toutes les catégories d’âge et de sexe.
La Drees rappelle que ce taux « a quasiment doublé par rapport à la moyenne de celui des années 2012-2019 ». La dégradation de la santé mentale des jeunes, amorcée au milieu des années 2010, s’est accentuée avec la crise sanitaire.
Autre constat préoccupant : le phénomène s’inscrit dans la durée. Chez les femmes de 10 à 29 ans, le taux d’hospitalisation après un geste auto-infligé est passé de 222 pour 100 000 en 2012 à 369 pour 100 000 en 2024.
Les garçons aussi
Les gestes auto-infligés restent moins fréquents chez les hommes. Mais les chiffres augmentent désormais chez les plus jeunes. « Pour la deuxième année consécutive, le taux de patients hommes progresse de plus de 10 % chez les 10 à 19 ans et de plus de 5 % chez les 20-29 ans », relève encore l’étude. Une évolution particulièrement surveillée alors que les décès par suicide demeurent majoritairement masculins.