Épuisement, isolement, manque de soutien institutionnel : les assistants familiaux sont mis à rude épreuve, tout en restant très attachés à leur travail. Dans sa thèse, Tess Bretesché analyse cette usure et évalue une intervention fondée sur l’attachement pour mieux soutenir la relation avec l’enfant.

Tess Bretesché est docteure en psychologie, psychologue de l'enfant et de l'adolescent, rattachée au Centre de recherche en éducation de Nantes (CREN), à Nantes Université. Elle a soutenu en novembre 2025 une thèse intitulée « Soutenir le caregiving des assistants familiaux : vécu professionnel et effets d'une intervention fondée sur l'attachement », sous la direction de Fabien Bacro et d'Emmanuelle Toussaint.. Ses recherches portent notamment sur l'attachement, le développement socio-émotionnel de l'enfant et le soutien à la parentalité en contexte de vulnérabilité.



Votre thèse portait initialement sur le développement des jeunes enfants confiés. À quel moment le vécu professionnel des assistants familiaux s'est-il imposé dans votre recherche ?

Tess Bretesché. Au départ, je ne m'intéressais pas directement aux assistants familiaux, mais au jeune enfant confié. Je cherchais à comprendre comment favoriser son développement en famille d’accueil. L’assistant familial est la personne qui prend principalement soin de l’enfant et vers laquelle celui-ci se tourne pour trouver sécurité et réconfort. La qualité de ce lien joue un rôle important dans son développement. Progressivement, le vécu professionnel des assistants familiaux a pris une place centrale dans ma recherche. Pour qu’un assistant familial puisse bien s’occuper d’un enfant, être disponible pour lui, il faut que lui-même aille bien dans sa tête, dans sa vie et dans son travail.

Pendant mon master, j’ai effectué un stage en protection de l’enfance. Les échanges avec les assistants familiaux intervenaient surtout lorsqu’une difficulté était déjà installée et que le psychologue était sollicité. Plusieurs questions se sont alors posées : pourquoi attendre ce moment-là ? Pourquoi ne pas créer du lien en amont, pour parler aussi de ce qui va bien et de ce qui se passe au quotidien, avant que les difficultés ne se figent, ne deviennent trop complexes et ne conduisent parfois à des ruptures d’accueil ? De là est née l’idée de la thèse : penser une intervention préventive, ancrée dans le quotidien des familles.

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