Un quart des jeunes de 23 ans n'ont jamais quitté le domicile familial. Une étude de l'INJEP montre que derrière le cliché du « Tanguy » se cachent surtout la précarité de l'emploi, les difficultés d'accès au logement, les études et les responsabilités familiales.

Quitter ses parents avant 20 ans reste la situation la plus fréquente. Pourtant, pour une partie de la jeunesse, ce passage à l'autonomie intervient de plus en plus tard. Aujourd'hui, un jeune sur deux quitte pour la première fois le domicile parental avant 19 ans. Mais à 23 ans, un quart des jeunes n'ont encore jamais vécu ailleurs.

À 25 ans, ils sont toujours un sur sept dans cette situation. Pour comprendre ces trajectoires, l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (INJEP) a interrogé 34 jeunes à Paris et Marseille et exploité les données de l'enquête « Entrée dans la vie adulte » (EVA), qui suit 35 000 jeunes depuis leur entrée en sixième.

Les parcours recueillis racontent une réalité bien éloignée de l'image du jeune adulte qui choisirait de rester chez ses parents par confort. Difficultés d'insertion professionnelle, loyers élevés, poursuite des études ou soutien à un proche se mêlent souvent et retardent le départ. Les auteurs rappellent également que les jeunes ayant grandi dans les grandes villes quittent généralement plus tard le domicile parental que ceux des territoires ruraux. Les universités et les bassins d'emploi étant souvent accessibles depuis le foyer familial, la nécessité de partir est moins immédiate. À cela s'ajoute le coût du logement, beaucoup plus élevé dans les métropoles.

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