Après un entretien accordé le 3 juin aux Echos par la nouvelle directrice générale de la CNAF, centré sur les besoins des crèches, l'UFNAFAAM regrette la faible place accordée aux assistantes maternelles et alerte sur l'avenir du premier mode d'accueil formel des jeunes enfants.

Les assistantes maternelles continuent pourtant de peiner à trouver leur place dans les discours publics sur la petite enfance. Dans un communiqué publié le 4 juin, l'Union fédérative nationale des associations de familles d'accueil et assistants maternels (UFNAFAAM) dénonce une nouvelle illustration de cette mise à l'écart après un entretien accordé au quotidien économique Les Echos par Constance Bensussan, qui a pris ses fonctions à la tête de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) le 27 avril.

Dans cet entretien publié le 3 juin, la nouvelle directrice générale de la CNAF souligne la nécessité de développer l'offre de crèches face à « une offre d'accueil individuel fragile qui va nécessiter que des crèches existent pour prendre le relais ». Des propos qui font réagir la fédération. « Il est incompréhensible que le rôle central des assistants maternels soit, une fois encore, relégué au second plan », écrit-elle, rappelant que l'accueil individuel demeure le premier mode d'accueil formel des jeunes enfants en France.

L'érosion se poursuit

Fin 2024, la France comptait 278 280 assistants maternels agréés, contre 294 930 un an plus tôt et 348 760 en 2020. En quatre ans, plus de 70 000 professionnels ont quitté la profession. Le mouvement s'accélère, avec une baisse de 5,6 % en 2024 après un recul de 4,7 % en 2023. Malgré cette érosion, les assistants maternels demeurent le premier mode d'accueil formel des jeunes enfants. Ils représentaient encore 61 % des places d'accueil théoriques fin 2023. En 2024, le volume national est passé pour la première fois sous le seuil du million de places, avec près de 100 000 places perdues en deux ans. Présents dans près de sept communes sur dix, les assistants maternels constituent souvent l'offre d'accueil la plus accessible, notamment dans les territoires ruraux et peu denses où les crèches restent moins implantées.

300 000 places menacées

L'alerte intervient alors que le nombre d'assistantes maternelles continue de reculer. Les dernières données de la Drees confirment la baisse des effectifs. De son côté, l'Observatoire national de la petite enfance (ONAPE) évoque « la perte potentielle de 300 000 places dans les prochaines années sous l'effet des départs à la retraite ».

La fédération rappelle également que l'augmentation des capacités d'accueil en crèche « ne suffira pas à augmenter la totalité des places d'accueil si l'on n'augmente pas également les places au sein du premier mode d'accueil ».

L'enjeu est particulièrement important dans les territoires ruraux et les zones peu denses. « Dans de nombreux territoires, en particulier en zone rurale et dans les secteurs peu denses, l'accueil individuel demeure la solution la plus accessible, la plus souple et souvent la seule réellement disponible », souligne-t-elle.

« L'absence d'une stratégie nationale volontariste »

Des propos « profondément choquants »

Au-delà de la baisse des effectifs, la fédération s'inquiète du regard porté sur l'accueil individuel. Les déclarations de Constance Bensussan sont jugées « profondément choquantes » car elles donnent, selon elle, « le sentiment que l'affaiblissement de l'accueil individuel serait non seulement acté, mais presque accompagné comme une évolution inéluctable ».

L'UFNAFAAM s'interroge également sur « l'absence d'une stratégie nationale volontariste » en faveur des assistantes maternelles, alors même que leur nombre continue de diminuer.

Un déclin qui n'a rien d'inévitable

Selon l'UFNAFAAM, la baisse des effectifs ne traduit pas une disparition des vocations. « Le recul du nombre d'assistants maternels n'est pas une fatalité : il est le résultat d'un manque de reconnaissance, d'un défaut d'attractivité du métier et d'une absence de soutien politique à la hauteur des enjeux », estime-t-elle.

Refus d'une logique de remplacement

Pour la fédération, l'enjeu n'est pas de choisir entre accueil collectif et accueil individuel, mais de préserver leur complémentarité. « Opposer les modes d'accueil ou organiser implicitement le retrait de l'un d'entre eux serait une erreur majeure », conclut-elle.


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