Ruptures, violences, troubles psychiques, isolement : derrière les murs des prisons pour mineurs, magistrats, psychologues et éducateurs décrivent des adolescents déjà fragilisés, confrontés à une institution carcérale qui peine de plus en plus à tenir sa promesse éducative.
Il y a une métaphore à laquelle Julie Houdan revient souvent : celle du homard, empruntée à Françoise Dolto, pédiatre et psychanalyste française. L’adolescent, disait-elle, ressemble à ce crustacé au moment de la mue : il a perdu sa carapace et doit en construire une nouvelle, à nu, vulnérable, exposé à tout. « L’adolescence, c’est cette période de nu », résume Julie Houdan, psychologue à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) en milieu ouvert à Argenteuil (Val-d’Oise). La prison surgit précisément à ce moment-là. « Cette détention est une rupture dans la rupture. On a déjà des adolescents qui sont dans un moment de désorganisation psychique, de transformation. Et la prison vient percuter ça de plein fouet. »
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